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1. Qu’est-ce que la recherche de soi ?

Sommaire

EXERCICE

Comment comprenez-vous cette sentence gravée au fronton du temple de Delphes, où les Athéniens allaient consulter la Pythie, oracle du dieu Apollon ?

« Connais-toi toi-même. »

Platon : l’âme et son miroir

Lire le texte et répondre

  1. Quel problème pose Socrate à propos de la connaissance de soi ? (§1)
  2. Expliquez la métaphore du miroir qu’utilise Socrate (§ 3 à §14). A quoi sert-elle ?
  3. Comment peut-on se connaître soi-même ? (§15 à §19)
TEXTE N°1 : PLATON, Alcibiade (Ve s. av. J.-C.)
1. SOCRATE : De quelle manière pourrions-nous connaître très lucidement ce « soi-même essentiel » ? Il apparaît que si nous le savions, nous nous connaîtrions aussi nous-mêmes. Mais par les dieux, l’heureuse parole de l’inscription delphique que nous rappelions à l’instant, ne l’entendons-nous pas ? […] Si c’était à notre regard, comme à un homme, que l’inscription s’adressât en lui donnant ce conseil : « Regarde-toi toi-même » ; comment comprendrions-nous le sens de cet avis ? Ne serait-ce pas destiner l’oeil à porter son regard sur un objet dans lequel il se verrait lui-même ?
2. ALCIBIADE : C’est clair.
3. SOCRATE : Demandons donc quel est, parmi les objets, celui sur lequel il faut diriger notre regard pour voir en même temps cet objet et nous-mêmes ?
4. ALCIBIADE : À l’évidence, Socrate, un miroir ou un objet du même type ?
5. SOCRATE : C’est juste. Mais l’oeil, moyen de notre vision, ne renferme-t-il pas quelque chose semblable à un miroir ?
6. ALCIBIADE : Absolument.
7. SOCRATE : Tu as sans doute remarqué, qu’en portant son regard sur l’oeil de quelqu’un qui nous fait face, notre visage se réfléchit dans ce qu’on appelle aussi sa pupille, comme en un miroir ; celui qui porte ainsi son regard, y voit son image.
8. ALCIBIADE : Tu dis vrai.
9. SOCRATE : Ainsi donc, un oeil contemplant un autre oeil et dirigeant son regard sur ce qu’il y a de meilleur en lui, c’est-à-dire vers cette pupille qui est le moyen de sa vision, peut ainsi se voir lui-même.
10. ALCIBIADE : Évidemment.
11. SOCRATE : Mais s’il venait à jeter son regard sur quelque autre partie du corps de l’homme, ou sur quelque autre objet, sauf celui auquel l’oeil se trouve être semblable, il ne se verrait nullement lui-même.
12. ALCIBIADE : Tu dis vrai.
13. SOCRATE : Il en résulte que si l’oeil veut se voir lui-même, c’est sur un oeil qu’il doit porter son regard et sur cette partie de l’oeil où se trouve sa capacité propre, c’est-à-dire, je pense, la vision ?
14. ALCIBIADE : C’est bien cela.
15. SOCRATE : Eh bien, cher Alcibiade, l’âme à son tour, si elle veut se connaître elle-même, n’est-ce pas vers une âme qu’elle doit regarder et surtout vers cette partie de l’âme en laquelle réside la capacité propre d’une âme, la sagesse, ou encore vers telle autre partie qui lui est semblable ?
16. ALCIBIADE : C’est bien mon sentiment, Socrate.
17. SOCRATE : Or, sommes-nous à même de dire qu’il y ait dans l’âme quelque réalité plus divine que celle qui se rattache à la connaissance et à la pensée ?
18. ALCIBIADE : Nous n’en sommes pas capables.
19. SOCRATE : C’est donc au Divin que ressemble cette capacité de l’âme, et quand on jette le regard vers elle et que l’on reconnaît tout ce qu’elle a de divin, Dieu et la pensée, c’est alors qu’on est bien prêt de se connaître parfaitement soi-même.

Jean-Pierre Vernant : moi antique et moi moderne

EXERCICE

Selon Jean-Pierre Vernant, spécialiste de la Grèce antique, qu’est-ce qui distingue l’idée que se faisaient les grecs du “moi” et celle que nous nous en faisons aujourd’hui ?

Aristote : se reconnaître dans l’ami

Lire le texte et répondre

  1. Pourquoi la connaissance de soi est-elle, selon Aristote, très difficile ?
  2. Comment peut-on y parvenir ?
  3. En quoi la réponse d’Aristote est-elle différente de celle de Platon ?
TEXTE N°2 : ARISTOTE, La grande morale (IVe s. av. J.-C.)
Apprendre à se connaître est très difficile (…) et un très grand plaisir en même temps (quel plaisir de se connaître !) ; mais nous ne pouvons pas nous contempler nous-mêmes à partir de nous-mêmes : ce qui le prouve, ce sont les reproches que nous adressons à d’autres, sans nous rendre compte que nous commettons les mêmes erreurs, aveuglés que nous sommes, pour beaucoup d’entre nous, par l’indulgence et la passion qui nous empêchent de juger correctement. Par conséquent, à la façon dont nous regardons dans un miroir quand nous voulons voir notre visage, quand nous voulons apprendre à nous connaître, c’est en tournant nos regards vers notre ami que nous pourrions nous découvrir, puisqu’un ami est un autre soi-même. Concluons : la connaissance de soi est un plaisir qui n’est pas possible sans la présence de quelqu’un d’autre qui soit notre ami ; l’homme qui se suffit à soi-même aurait donc besoin d’amitié pour apprendre à se connaître soi-même.

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